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Les nécropoles mérovingiennes. 320 tombes découvertes au XIXè siècle. En 1877 et 1878, la Société archéologique de Namur fouille les deux nécropoles mérovingiennes du "Tombois" et de la "Colline du Tombeau" et met à jour de nombreuses tombes mérovingiennes réparties dans les deux cimetières: un peu plus de deux cents tombes dans le cimetière du Tombois et environ cent vingt tombes dans celui de la Colline du Tombeau. Un monument funéraire chrétien. | 
| Tombe du cimetière de la Colline du Tombeau avec ses parois et son couvercle en pierre. | Sur chacun des sites, ont également été mises à jour les fondations d'un petit monument rectangulaire interprété à l'époque comme une chapelle "élevée par les francs chrétiens sur les tombes de leurs frères païens". Il s'agissait en fait, plus vraisemblablement, de monuments funéraires destinés à recevoir les corps des chefs locaux. Ces chefs étaient d'ailleurs déjà christianisés puisque les fouilles des tombes ont mis à jour des pièces archéologiques des VIè et VIIè siècles portant indiscutablement des symboles chrétiens (petite croix pattée en plomb et triple terminaison de la chaînette en forme de croix en bronze). Population et activités économiques. L'orientation de la plupart des tombes dans l'axe nord-sud, tête au nord, coutume relativement fréquente en Namurois, témoigne de coutumes funéraires typiquement germaniques qui sont confirmées par la présence de foyers circulaires à offrandes rituelles et par la décoration rouges des parois de certaines tombes. Ces populations axaient leurs activités sur la culture en friche tout en conservant des activités militaires qui sont prouvées par le nombre d'armes retrouvées dans les tombes. Ils développèrent également l'élevage et l'artisanat local. La population locale, de base gallo-romaine, fut peu à peu assimilée à la population germanique qui était propriétaire et gestionnaire des terres. C'est ainsi qu'on les retrouve inhumés à côté de leur maître, à la fois sans doute par honneur autant qu'obligation. La présence des vestiges d'un monument funéraire témoigne de la présence de familles dirigeantes et d'une aisance matérielle appréciable. Les tombes sans mobilier voisines du monument funéraire caractérisent probablement des inhumations d'ouvriers agricoles qui, ayant adoptés les rites religieux et funéraires de leurs maîtres, eurent le privilège d'être ensevelis à leurs côtés.  | Monument funéraire du cimetière de la Colline du Tombeau. | Le mobilier funéraire produit localement apporte la preuve que le domaine pourvoyait à ses besoins en équipements, ustensiles, objets utilitaires, nourriture et vêtements par une exploitation de tous les secteurs productifs. Une partie importante de la pyrite extraite sur place permettait des échanges avec le bassin de la Meuse et le nord de la Gaule et l'importation de damasquinures produites par des artisans itinérants, des plaques et boucles de bronze, appliques, accessoires, rouelles, chaînettes, verreries, fibules et céramiques. La présence des deux nécropoles, séparées seulement par la vallée de la Chinelle, laisse supposer la présence de deux clans familiaux exploitant le même domaine et qui gardaient sans doute chacun jalousement leurs prérogatives. Objets mis à jour. Parmi les objets les plus intéressants recueillis lors des premières fouilles de 1877-1878, on peut remarquer: 
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| Croix pattée: une croix pattée, en plomb, à branches égales, de forme primitive, qui succéda au chrisme ou monogramme de Christ que Constantin avait fait tracer sur son étendard, |  |
| Bagues: des bagues sigillaires qui portent sur leur chaton un monogramme surmonté d'une croix, | 
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| Croix en bronze: un très curieux objet en métal qui était fixé à la ceinture d'une femme à l'aide d'une lanière; les trois chaînettes qui en font partie sont terminées par des petites croix en bronze remplaçant des amulettes païennes, | 
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| Broche circulaire: une broche circulaire en or sur laquelle un orfèvre a tenté de représenter une monnaie byzantine de la première moitié du VIIIè siècle; on y distingue parfaitement la croix surmontant le globe, image de la puissance impériale. | Photos: LD - Croquis: Pro Antiqua.
La Colline du Tombeau.  | Le monument funéraire de la Colline du Tombeau. | La Colline du Tombeau se situe sur un terrain à faible pente vers le sud, situé à environ 1km au nord du village et séparé de celui-ci par la Chinelle. Le site, aujourd'hui réserve naturelle, se trouve à une altitude de 250m, le long d'un ancien chemin de Villers-le-Gambon à Lotenne dans lequel certains voient une ancienne chaussée romaine conduisant du plateau de Philippeville vers la vallée de la Meuse. Les fouilles ont mis à jour un petit édifice rectangulaire maçonné ainsi que 171 tombes, taillées dans la roche et dont quelques unes sont garnies d'un caisson de pierre sèche. La nécropole de la Colline du Tombeau fut édifié vers la fin du VIè siècle comme le prouve les parures féminines d'or de la tombe 26. Parmi les objets principaux découverts dans les tombes, on peut citer:  | bouteille de couleur vert olive |  | collier de 94 perles |  | médaillon de bronze gravé d'une croix |  | bossettes de fixation en bronze doré agrémentées de rayons, symboles solaires incontestables |  | plaque-boucle de ceinture en fer damasquiné, agrémentée d'incrustations de filets d'argent et d'un motif de vannerie à brins obliques |  | couteaux |  | scramasaxes (coutelas ou sabres courts à dos droit, de longueur variable) |  | vases biconiques en terre grise à couverture noire |  | peigne rectangulaire à deux côtés |  | pointes de flèches |
Le Tombois. Le cimetière du Tombois se situait au coeur du village actuel, à l'emplacement de la place du Tombois. Les vestiges des tombes découvertes au XIXè siècle ne sont plus visibles aujourd'hui car elles ont été recouverte par la voirie actuelle et la terre nécessaire au renivellement de la place. L'une des tombes de ce cimetière appartenait à un homme libre et contenait son armement complet ainsi qu'une balance destinée à peser des espèces précieuses lors des transactions: le possesseur de cette balance devait occuper la fonction de comptable ou de gérant d'un domaine. Ce cimetière est surtout connu pour sa tombe n°113 qui contenait un triple gobelet constituant un objet assez curieux. Un objet curieux provenant du cimetière du Tombois à Franchimont.  | Le triple gobelet de la tombe 113 au Tombois. | La tombe n°113 du Tombois a livré un vase en poterie noire, de 10 cm de haut et 9 cm de diamètre à l'ouverture dont les deux tuyaux perforés, situés à la base, a longuement intrigué les chercheurs. La forme, la pâte et la teinte de ce gobelet sont tout à fait typiques des vases mérovingiens de la fin du VIè et surtout du VIIè siècle. En se basant sur les modèles de vases communicants qui existaient à l'époque romaine, les archéologues ont pu déterminer que ce vase à boire faisait partie d'un ensemble de trois gobelets répartis à égale distance sur un même cercle formé par une sorte de roue creuse en terre cuite. Cet ensemble constitue donc une curiosité de la céramique mérovingienne dont la fonction reste assez difficile à déterminer. Les hypothèses de vases à fleur et de luminaires ont été rejetées de même que celle d'objet rituel car de telles trouvailles n'ont jamais été faites dans les lieux de culte. On se contentera donc d'y voir un vase propre à célébrer la solidarité religieuse, professionnelle ou privée de ceux qui y buvaient: le sentiment symbolique d'union de cet ensemble est renforcé par la forme circulaire de son conduit qui répartit équitablement la boisson dont le niveau reste constant dans chacun des gobelets. Le chiffre trois est à rapprocher des pointes de flèches que l'on retrouve fréquemment par trois dans les tombes. Le chiffre trois a, à l'époque mérovingienne, une valeur mystique liée à la répétition d'intensité symbolisant la puissance surnaturelle. La présence de l'un de ces gobelets brisé dans une tombe inviolée suggère un bris intentionnel de l'objet, symbolisant la rupture de la solidarité, conséquence de la mort de celui qui l'emporta dans sa tombe. Source : http://hermeton.skynetblogs.be/ |