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Quelques jeunes écoliers devaient faire un travail sur les deux grandes guerres de notre pays. Pour les aider, je me suis souvenu d'un témoignage écrit que m'avait fait mon grand-père, il y bien longtemps. Comme cela peut être intéressant pour tout un chacun, voici pour vous l'intégralité de son récit.
Bonne lecture.
Souvenirs de guerre.
par Désiré Piret
En 1914, vers la mi août, l'Allemagne ayant déclaré la guerre, les troupes envahissèrent a Belgique. A cette époque, j'avais 5 ans et demi.
Malgré mon jeune âge, je me souviens voir les troupes à pertes de vue traverser le village et en même temps, une contre-masse de civils étrangers fuyant leur village éprouvés déjà par ces soldats déchaînés.
Aux dires de ces pauvres gens, mes parents, effrayés, décidèrent de partir. Disposant d'un chariot et d'un cheval, on emmagasina les ustensiles les plus nécessaires ainsi que que les vivres dont on disposait, et nous voilà partis à la belle aventure. Elle fut de courte durée. D'abord car à peine sorti du village, nous fûmes arrêtés par un groupe d'allemands dont plusieurs montèrent sur le chariot. Les voyant fouiller mon père afin de s'assurer qu'il n'était pas armé, je fus épris de frayeur. Au même moment, ils passèrent en revue tout ce qu'il y avait sur notre chariot, jetant par terre ce qui ne les intéressaient pas, et aussitôt, des coups de feu jaillirent vers le village… sûrement des balles incendiaires, car immédiatement tout le quartier fut la proie des flammes. Tout cela en quelques minutes de temps.
Ayant réalisé leurs desseins, ils nous ordonnèrent de quitter notre équipage. Mais une chance providentielle, au lieu de nous séquestrer comme la plus part d'autres civils dans les prairies voisines, aux petites campagnes, où ils subissaient un véritable calvaire, voire même pour certains, la mort, ils nous ordonnèrent de continuer notre chemin, pédestrement bien entendu. Sans la moindre hésitation, nous nous dirigeâmes à travers prés et prairies vers Merlemont, village natal de mon père, où se trouvaient mes frères et sœurs qui nous hébergèrent en nous disant que nous ne devions pas partir. D'après eux, Merlemont sera sûrement épargné de toute épreuve du fait que Madame la Baronne est d'origine allemande, ce qui fût réel.
Nous restâmes donc trois ans dans une annexe de la maison paternelle. Ce fut en 1917 que nous avons réintégré le village de Franchimont lorsque notre maison fut à peu près reconstruite.
En 1940, les armées allemandes ne furent plus si agressives envers les civils qu'en 1914. Mais malgré tout, ceux qui avaient connu les atrocités de cette première guerre furent quand même épris de frayeurs lors de l'annonce de l'arrivée des allemands en Belgique. La plus part des habitants se consultant l'un l'autre, décidèrent, avec amertume bien entendu, de quitter une fois encore leur foyer et gagner par tout moyen, la France, en espérant autant que possible, ne pas être rejoints par les armées offensives.
Mais quelques années plus tard, vu la puissance des ces armées, la Belgique ne pu résister et bientôt la France à son tour fut envahie; A ce moment, rester en France, au milieu des allemands ou être chez nous, le risque était pas plus grand. On décida alors de rebrousser chemin et cela sans trop de difficultés. Rentrés au village, on se remit au travail subissant bien entendu les restrictions de l'occupant. Cela dura pendant les 4 ans de guerre.
Mais lors de l'offensive de VanRau… en entendant les bombardements des Ardennes, on se demandait s'il n'allait pas encore falloir déménager une seconde fois. Mais un brouillard épais qui nous empêchait de voir les avions alliés se diriger vers cet enfer. Leurs ronronnements ininterrompus nous soulageaient quand même un peu, et ce fut la délivrance.
En conclusion, le cimetière de Bastogne témoigne de cette grande offensive victorieuse mais à quel prix ?
Tout ce qui est relaté dans ces reportages fut réellement vécu par ces personnes sans la moindre exagération, ce qui peut donner la chair de poule à tout ceux qui ne se l'imaginait pas, mais qui malgré tout, méritait d'être mis à la connaissance des générations futures qui, elles, n'auront pas vécu cette terrible situation et souhaitons de cœur qu'elle ne doivent jamais subir ces pénibles atrocité.
En 1988, Désiré Piret
Ancien mayeur de Franchimont.
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